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08.02.2008
Groupe Sparte
Sparte est un groupe de réflexion fondé en automne 2005 et réunissant des individus aux parcours politiques divers. Constitué pour une bonne partie d’enseignants, il regroupe également toutes les bonnes volontés intéressées par le travail intellectuel et la recherche théorique.
Sa naissance est partie du constat que si la pensée unique domine de la sorte actuellement (avec les ravages qu’elle occasionne au fur et à mesure du temps) c’est qu’elle est parvenue à conquérir les esprits au moyen de la diffusion de ses idées au sein de la population. On pourrait bien sûr en attribuer la cause aux médias ou à l’orientation politique des enseignants qui conditionnent la conscience collective. Or, l’explication n’est pas suffisante, car pour que des idées soient admises, il faut qu’elles soient reconnues comme légitimes. La science étant désormais l’un des critères de légitimation d’un discours prétendant à la vérité, c’est grâce à la conquête des chaires de sciences humaines et sciences sociales (tout particulièrement sociologie, sciences politiques, histoire) que la pensée unique a pu à ce point prospérer (notamment depuis 68) .
Comme l’a bien montré Max Weber dans ses Essais sur la théorie de la science, le chercheur connaît toujours en amont de sa recherche un certain rapport aux valeurs qui conditionnent quelque peu son travail, dans le choix de ses outils, dans la sélection de ses données ; rapport aux valeurs malgré tout canalisé en aval par une communauté de chercheurs qui va étudier les conclusions proposées et en juger la pertinence ou non, apportant ainsi une caution objective aux thèses proposées. L’objectivité dans les sciences humaines est donc obtenue par le biais d’une intersubjectivité qui parvient à un « consensus », à un acquiescement collectif... Mais que faire lorsque la plupart des chercheurs ont un rapport aux valeurs identiques au départ ? (question que posaient déjà les marxistes à l’époque en parlant d’une logique de classe). On comprend dès lors mieux pourquoi les voix discordantes sont rapidement mises à l’écart, sauf si elles bénéficient d’appuis assez solides pour y faire face (pensons à l’affaire Taguieff lors de son travail sur la Nouvelle droite, et plus récemment sur la nouvelle judéophobie, ou encore Finkielkraut). On assiste véritablement à une prise en otage de la pensée, qui se voit certes légitimée par un ensemble de procédures, mais uniquement parce que le nécessaire a été fait en amont... Pourtant cette pensée dominante peine de plus en plus à comprendre le réel qui n’entre plus dans ses schémas dépassés, malgré des restructurations multiples mais superficielles. Il est temps de changer de grille de lecture.
Partant de ce constat, il nous semble qu’il est nécessaire en ces temps de recomposition politique et idéologique de développer un pôle de réflexion indépendant qui développe des outils conceptuels adaptés, permettant de déchiffrer cette nouvelle réalité qui se déploie sous nos yeux, et qui n’est que très mal comprise (hormis par quelques visionnaires qui seront sans doute reconnus après coup par le tribunal de l’Histoire...). Pour se faire, nous faisons appel à tous les esprits libres comme dirait Nietzsche, à tous les « pionniers de la connaissance » dit-il dans le Gai savoir, « illuminés par cette nouvelle aurore » qui s’ouvre devant nous après l’effondrement des interprétations passées.
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